25/11/2021 - 5 minutes

Comment la pénurie de main-d’œuvre risque d’affecter le marché immobilier?

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Si vous fréquentez les entreprises locales, vous savez que la pénurie de main-d’œuvre frappe l’économie de plein fouet. Des panneaux «Employé(e) demandé(e) » apparaissent à gauche et à droite. Les employeurs offrent des incitations au recrutement. Plusieurs syndicats se mettent en grève dans l’espoir d’améliorer les conditions de travail et les salaires de leurs membres. Les entreprises refusent les nouveaux contrats parce qu’elles n’ont pas assez d’effectifs pour subvenir aux besoins de leurs clients existants.

Bien que les problèmes de chaîne d’approvisionnement et les pénuries de main-d’œuvre ne soient pas nouveaux, ce que nous vivons actuellement est plus prononcé. Dans un récent sondage pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), 58 pour cent des propriétaires de petites entreprises ne recommanderaient pas de démarrer une entreprise en ce moment. Neuf répondants sur dix ont déclaré que la pénurie de travailleurs était la principale raison pour décourager l’entrepreneuriat.

Cela s’ajoute à des taux d’inflation historiques que nous n’avons pas vus depuis trente ans. En octobre 2021, l’indice des prix à la consommation (IPC) était de 5,1 % dans le Grand Montréal, de 5,3 % au Québec et de 4,7 % à l’échelle du Canada, selon l’Institut de Statistique du Québec. Le coût du gaz, de la main-d’œuvre et des matières premières commence à peser sur l’économie , et la construction ne fait pas exception.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Au début de la pandémie, les entreprises ont licencié leurs employés en masse. Les gouvernements ont mis en place une aide d’urgence pour les travailleurs, comme la Prestation canadienne d’intervention d’urgence (PCU) au Canada. Lorsque le marché du travail s’est stabilisé, plusieurs ont décidé de rester à la maison et de continuer à recevoir des prestations. Le PCU a expiré en octobre 2020, mais de nombreux candidats ont commencé à recevoir de l’assurance-emploi (AE) ou même à prendre leur retraite.

Cela s’est accompagné d’une immigration plus lente, de peur que les voyageurs internationaux n’apportent de nouvelles variantes de COVID-19. Une bonne partie de la main-d’œuvre d’aujourd’hui approche de l’âge de la retraite, ce qui pourrait perturber davantage l’économie.

Le Premier ministre du Québec François Legault avait proposé de limiter les niveaux d’immigration lorsqu’il a fait campagne pour devenir premier ministre du Québec en 2018. Son gouvernement a depuis changé son fusil d’épaule en ramenant les niveaux d’immigration à 49 000-52 000 nouveaux arrivants par année, comme le gouvernement libéral précédent, plus 18 000 nouvelles places supplémentaires pour combler le retard. Une augmentation des niveaux d’immigration stimulera la demande d’habitations à vendre et à louer.

Comment cela affectera-t-il l’industrie de la construction ?

Les mises en chantier de nouvelles constructions devraient diminuer au cours des prochaines années. Les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) des deux derniers mois montrent qu’il y a eu une diminution des mises en chantier de logements neufs partout au Canada. Le taux de croissance annuel moyen (TCAM) des mises en chantier de logements neufs a diminué de 4,5 % en septembre et de 5,3 % en octobre, par rapport à 2020.

L’an dernier, la Commission de la construction du Québec (CCQ) déclarait qu’il manquait 13 000 employés pour combler le vide dans l’industrie de la construction

Le manque de main-d’œuvre est l’un des nombreux facteurs qui influent sur les coûts de construction. Ce printemps, la firme de recherche Léger a interrogé 751 entrepreneurs en construction sur le coût des matériaux et a constaté que plus des deux tiers (68 %) des répondants ont fait face à des augmentations de coûts supérieures à 20 %. Pour le reste de l’année, beaucoup s’attendent à des retards dans la réception du bois d’œuvre résineux et d’une gamme d’autres matériaux, notamment des portes et des fenêtres (43 %), des fermes de toit (37 %), des poutrelles (36 %) et de panneaux de gypse, de contreplaqué et de bois pressé (33%).

Si l’administration Biden continue de s’orienter vers un protectionnisme accru, le Canada pourrait rencontrer d’autres problèmes de chaîne d’approvisionnement.

Diverses associations de l’industrie de la construction font actuellement pression sur le gouvernement provincial pour faciliter l’obtention de permis pour faciliter l’arrivée de nouveaux travailleurs.

Selon le site web de l’Association canadienne de la construction (ACC), “la construction emploie plus de 1,4 million de personnes au Canada et contribue environ 141 milliards de dollars annuellement à l’économie, représentant 7,5 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada”. Si nous voulons que l’économie continue de croître à un rythme soutenu, il reste encore beaucoup à faire pour soutenir cette industrie.

L’Association de la construction du Québec (ACQ) rend disponible plusieurs ressources en ligne et anime des ateliers pour aider les entrepreneurs à répondre à leurs besoins d’embauche.

Les répercussions pour les propriétaires actuels

Les propriétaires actuels peuvent être assurés que leur maison prendra de la valeur dans les années à venir. La diminution du rythme de la construction rendra les maisons et les condos plus rares. Le marché devrait rester favorable aux vendeurs pendant longtemps – au moins jusqu’à ce que les problèmes de chaîne d’approvisionnement et de main-d’œuvre soient résolus. En tant que propriétaire, vous voudrez peut-être garder un œil sur le coût des matières premières, lorsque vous devrez effectuer des rénovations.

Les répercussions pour les futurs propriétaires

Étant donné que les logements se feront plus rares à l’avenir et que l’immigration devrait augmenter pour combler les postes vacants, le marché de l’habitation devrait rester solide dans les années à venir. Si c’est possible, c’est peut-être le bon moment pour mettre le pied dans la porte.